La peur de l’inconnu dans l’industrie

Les deux leviers principaux de la croissance dans l’industrie sont l’innovation et l’export. C’est un fait indiscutable. Évidemment, ce ne sont pas les seuls. On pourrait citer la qualité, le design, le service…Mais l’innovation et l’export tiennent la corde. Il ne vous aura pas échappé que dans ces deux domaines, l’industrie française n’excelle pas. Bien entendu, il n’agit pas ici d’oublier les milliers d’entreprises industrielles françaises qui innovent et qui exportent mais comparativement à d’autres pays, la France est en retrait.

Quelques chiffres qui le prouvent :

Dans le dernier classement Global Innovation Index de Booz&Co, la France se classe simplement 20ème.

Selon l’INSEE, La part française des exportations mondiales est tombée à 3,1 % en 2012 (7,9 pour l’Allemagne).

Selon Roland Berger, la part de l’industrie dans la valeur ajoutée en France n’est que de 13 %, ce qui est tout simplement le dernier rang mondial (!!!).

Quel est le point commun entre l’innovation et l’export ?

C’est l’inconnu…En effet, dans les deux cas, il s’agit de s’aventurer hors de sa zone de confort. Hors de son pays, de sa culture, de sa langue maternelle, de ses lois…dans le cas de l’export ; hors de ses technologies, de ses marchés…dans le cas de l’innovation.

Bien sûr, on parlera ici de l’innovation de rupture qui implique un changement de technologie et/ou d’usage. Cette innovation là est la plus payante mais aussi la plus difficile à appréhender. L’innovation incrémentale, à savoir l’amélioration de l’existant, ne présente pas d’inconnues, ou beaucoup moins, et est donc mieux maitrisée par les entreprises.

La peur de l’inconnu serait-elle plus grande en France qu’ailleurs ? La faute à un Etat surprotecteur et omniprésent ? Nous n’irons pas plus loin dans la recherche d’explications…

Avoir peur de l’inconnu est chose normale, imprimée dans notre cerveau reptilien. En être convaincu, c’est déjà aller dans le bon sens. Ensuite, une démarche structurée de prise d’information permet de se familiariser avec ce monde jusqu’à lors inconnu.

Sachez pour finir que les études démontrent (cf. l’étude Oséo-Ubifrance) que les entreprises les plus innovantes sont aussi les plus exportatrices. En effet, comment espérer conquérir un marché émergent en se battant sur les prix ? CQFD…

L’équipe GV

Les grandes entreprises accélèrent l’open innovation

Une étude publiée récemment conjointement par Berkeley (US) et un Fraunhofer (All) fait le point sur l’usage de l’open innovation dans les grandes entreprises.

Cette étude quantitative s’appuie sur un échantillon de 125 entreprises américaines et européennes. Pour télécharger l’étude complète

En voici les principaux enseignements :

- l’open innovation est largement utilisée : 78 %  des grandes entreprises pratiquent l’open innovation. 35 % des projets menés par ces entreprises le sont de façon ouverte.

- l’open innovation est de plus en plus utilisée : 82% des entreprises déclarent pratiquer l’open innovation de façon plus intensive qu’il y a trois ans

- L’open innovation est satisfaisante : aucune entreprise répondante n’a stoppé ses efforts en open innovation. La satisfaction moyenne est notée à 4,68 sur 7.

- la satisfaction augmente avec l’intensité : plus le nombre de projets en OI est élevé plus la satisfaction est importante

- les pratiques les plus répandues sont : co-création (avec les clients/utilisateurs), le réseautage informel et les bourses universitaires

- les partenaires les plus fréquents sont : les clients, les universités et les fournisseurs

- les motivations de l’open innovation sont : lier de nouveaux partenariats, explorer de nouvelles tendances technologiques, identifier de nouvelles opportunités de business

- les ressources utilisées sont en moyenne de : 2 millions de $ et l’équivalent de 20 ETP

- la R&D est sans surprise le service le plus impliqué et bénéficiant de la plus grande autonomie

- les barrières restent : les changements d’organisation internes, les relations avec d’autres entreprises et la protection de savoir-faire interne

Cette étude prouve de nouveau que la question de la réalité et de l’intérêt de l’open innovation pour les entreprises ne se pose plus. Reste à ne plus considérer uniquement les grandes entreprises et à ne pas s’arrêter en si bon chemin…

L’équipe GV

Le management de l’innovation, ça paye !

Une étude publiée il y a peu par un célèbre cabinet conseil en management, confirme qu’une meilleure maitrise en matière de management de l’innovation engendre de meilleurs résultats économiques.

Pour télécharger l’étude

Les principaux enseignements de cette étude :

25 % des entreprises les plus performantes en matière de management de l’innovation génèrent 13 % de résultat net de plus sur les nouveaux produits que le reste de l’échantillon ainsi qu’une baisse du délai de point mort de 30%.

Depuis 2010, les performances en innovation ont baissé de 25% mais la satisfaction vis-à-vis de ces performances ont augmenté de 17% ce qui peut s’expliquer par un contexte économique plus difficile qui oblige les entreprises à davantage se focaliser sur le court terme.

Les performances en innovation sont corrélées à la capacité de mesure et de contrôle.

Certaines pratiques ont un impact clair sur les performances en innovation :

- une bonne vision technologique
- utiliser des sources extérieures en intelligence économique
- suivre les changements par une revue fréquente du portefeuille produits
- mobiliser l’ensemble de l’organisation pour la génération d’idées

A noter la présence de la vision technologique, et comme le précise l’étude, avec une approche fonctionnelle et non technique telle que la prône Global Vision.

A noter également que certains nouveaux outils comme le crowdsourcing sont peu utilisés et peu associés à l’efficacité.

Bref, pour innover il vous faut un bon contrôle, une bonne vision technologique, de l’intelligence économique et du participatif…

L’équipe GV

Ce que disent les responsables R&D

Nous avons pu lire, il y a peu, une publication récente d’une étude de PRODOC sur la place des docteurs dans les entreprises de la région Nord-Pas-de-Calais.

Lien vers l’étude : http://pro-doc.org/fileadmin/doc/pdf/InterReg_Rapport_ProDoc.pdf

Outre les chapitres consacrés aux docteurs, d’autres abordent le discours des responsables R&D ou innovation. C’est ce discours, au travers d’analyses qualitatives, qui a particulièrement retenu notre attention.

Tout d’abord, on retrouve très nettement une dichotomie entre un univers technique et un univers scientifique. En effet, l’univers technique est celui de l’industrie qui « fabrique », « produit » avec des « machines » et des « usines ». On est donc dans un univers ancré dans la réalité et le concret influencé par le commerce et la finance. L’univers scientifique est celui où l’on « cherche », « explique », « découvre » et « publie » avec des « experts », des « doctorants » et des « universitaires ».

Plus finement, on trouve une distinction entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée comme le matérialisent les propos suivants d’un responsable :

« Ce n’est pas de la recherche pure et dure, si on veut c’est de la recherche mais on travaille sur des bases concrètes pour essayer de trouver des produits innovants chaque année, c’est ça qui nous met en valeur par rapport à une autre entreprise ».

La recherche fondamentale étant perçue comme extérieure à l’entreprise alors que la recherche appliquée est perçue comme offrant des possibilités techniques en réponse à des problématiques industrielles.

Le rapport au temps est donc différent, sur le long terme pour la recherche fondamentale, sur le court terme pour la recherche appliquée et pour le développement appelé « pur et dur ». Nous avons pu nous même constater ce souci de la part des responsables en entreprise de bien faire comprendre qu’il ne font pas de recherche fondamentale mais bien de la R&D avec des finalités industrielles et commerciales.

Les motivations pour innover sont liées à la pression de la concurrence,  de la rentabilité, de la satisfaction client, de l’évolution de la gamme ou de la création d’emploi. Parfois, comme un engagement personnel guidé par la volonté d’apprendre ou comme un engagement environnemental et sociétal.

L’innovation est catégorisée en innovation de processus, incrémentale ou de rupture parfois appelée « révolution ». On constate ici, un véritable biais entre les représentations et la réalité car une innovation de processus peut être incrémentale ou de rupture tout comme une innovation produit. De même, une innovation de rupture n’est pas nécessairement (et heureusement) une révolution.

L’engagement dans l’innovation est variable selon les secteurs. Les secteurs traditionnels ou conservateurs qui innovent peu :

 « Nous sommes assez conservateurs chez X, donc on innove peu »

Pour beaucoup d’établissements rencontrés du secteur de l’environnement, de l’agroalimentaire, de la biologie, de la santé et de la pharmacie, la R&D et l’innovation sont inhérentes à l’activité même de l’établissement qui y consacre une bonne partie de son personnel.

Je vous invite à consulter cette étude très complète et bien réalisée pour découvrir les autres thématiques abordées notamment les moyens financiers, les moyens humains et la place des docteurs.

L’équipe Global Vision

La propriété intellectuelle et le collaboratif

L’INPI vient de publier une étude sur le thème de l’innovation collaborative et la propriété intellectuelle. Cette étude ambitionne de fournir quelques bonnes pratiques.

Pour télécharger l’étude

Il est en effet primordial d’intégrer la propriété intellectuelle dans ses démarches collaboratives. La PI peut constituer tout à tour un frein ou un accélérateur au collaboratif.

Quelques enseignements tirés de cette publication :

- 63% des personnes interrogées considèrent la PI comme un levier au projet collaboratif.

- il est nécessaire de fixer une stratégie d’innovation collaborative. Il s’agit d’identifier les projets nécessitant du collaboratif et avec quel type de partenaires. Les motivations qui poussent à l’innovation collaborative :

- accéder à des compétences ou savoir-faire complémentaires (36% des répondants)
- développer de nouveaux produits / marchés (33%)
- réduire le time to market (20%)
- valoriser le savoir-faire interne (19%)
- partager les coûts et les risques (16%)

- Il est nécessaire de distinguer propriété et exploitation de la PI. La propriété implique  une gestion des titres. Dans les cas où les partenaires sont copropriétaires du titre, chacun en détient une quote-part. En ce qui concerne l’exploitation, plusieurs modèles peuvent exister :

- la recherche est complémentaire mais a lieu en parallèle. L’exploitation est exclusive pour chacun des partenaires sur son domaine
- la recherche est commune. L’exploitation est libre pour l’un des partenaires en contrepartie d’une rémunération forfaitaire initiale ou sous forme de royalties
- la recherche est commune. L’exploitation sur un domaine pour l’un des partenaires, exploitation sur un autre domaine pour l’autre partenaire.
- la recherche est commune et l’exploitation est libre pour les partenaires.
Le choix doit se faire en fonction du contexte et des objectifs du projet.

- Développer une culture interne de la PI. 61 % des entités interrogées considèrent que leurs équipes impliquées dans les projets en partenariats sont peu ou moyennement formées aux enjeux de PI. Certaines entreprises ont mis en place des plans de formation. La mise en place d’outils collaboratifs notamment en matière de gestion de projet existe également.

- Parmi les structures interrogées, 60 % déclarent avoir une fonction dédiée à l’innovation collaborative, tandis que 89 % disent posséder une fonction dédiée à l’innovation.

- le rôle de la PI dans les entreprises :

- 89% garantir la liberté d’exploitation des innovations
- freiner l’imitation des innovations
- assurer une veille technologique
- communiquer sur la capacité d’innover
- connaitre précisément  ses apports pour de futures négociations
- tirer des revenus de la R&D (licensing)

- former à la PI et intégrer la PI très en amont dans la démarche collaborative  avec une réelle proximité entre la R&D et la PI. 4 types de contrat doivent être signés tout au long du processus :

- l’accord de confidentialité, qui gère la protection des informations confidentielles échangées entre les partenaires
- l’accord  de principe ou lettre d’intention, qui déclare l’intention de collaborer, présentes les grands principes de la collaboration, est un préliminaire à l’accord de consortium
- l’accord de consortium, qui organise les relations entre les partenaires avec la cadre des activités de recherche, les règles de gouvernance, les règles de modification / changement de partenaires, les apports des partenaires et la PI des connaissances antérieurs (background) et nouvelles (foreground et sideground)
- l’accord d’exploitation, qui présente les règles de répartition des redevances, les domaines d’exploitation et définit les modalités de cession de licence par les partenaires.

- une bonne connaissance entre les partenaires et développement d’une confiance mutuelle est nécessaire.

- la présence d’une équipe de négociation pluridisciplinaire peut s’avérer bénéfique.

- la décomposition en sous-systèmes pour attribuer le background et le foreground peut aider à débloquer certaines situations.

Nous recommandons la lecture de cette publication à tous ceux qui abordent les projets collaboratifs.

L’équipe GV

L’innovation française en échec ?

Une étude récente publiée par Terra Nova mène une analyse critique du système français d’innovation, notamment en comparaison avec le système américain.  Nous en avons retenu quelques points :

Téléchargement de l’étude

Les données macro-économiques sont souvent insuffisantes pour comprendre les lacunes de l’innovation françaises ; certains indicateurs micro-économiques sont bien plus parlant :

- La France ne produit plus de grandes entreprises innovantes depuis 40 ans contrairement aux Etats-Unis. Sur cette période, 3 entreprises allemandes, 4 entreprises françaises et 82 entreprises américaines ont dépassé les 100 millions de dollars d’investissement annuel en R&D.
- Plus les entreprises sont récentes, plus les efforts des R&D sont importants.
- Les secteurs des TIC et des biotechs sont les plus gros contributeurs en R&D.

Concernant la recherche et l’enseignement supérieur français, le constat parait préoccupant : manque de réputation internationale, moindre intensité de recherche, une faible interdisciplinarité, des moyens financiers 2,5 fois inférieurs à ceux des universités américaines, un essaimage insuffisant.

L’étude aborde également la notion de système local innovant ou cluster innovant. La nécessité de la concentration des moyens industriels, de recherche, de formation et de financement pour favoriser l’émergence de projets est effectivement indispensable. Cependant l’approche mêlant saupoudrage et aménagement du territoire à la française ne semble pas porter ses fruits.

Un certain nombre de recommandations sont ensuite proposées notamment sur une politique stable et de long terme et une vision plus concentratrice.

A lire.

L’équipe Global Vision.

Le dirigeant d’une PMI, Sealock, nous parle d’innovation

Nous avons rencontré Jean-Marc Barki, dirigeant de Sealock, PME industrielle située près de Lens (62). Il nous parle de l’engagement de son entreprise en matière d’innovation.

Bonjour, Jean-Marc pouvez-vous nous nous décrire l’activité et l’historique de Sealock ?

« Sealock et spécialisée dans la fabrication de colles industrielles principalement pour des applications dans le papier et carton.
L’entreprise est née en 1983 en Angleterre. Le site Français est le fruit d’un partenariat commercial avec Sealock Ltd. La fabrication a débuté en 1996. L’entreprise est aujourd’hui présente en France, en Angleterre et en Pologne et regroupe 52 personnes pour 12 Millions d’euros de CA. »

Quelle est aujourd’hui la place de l’innovation et de la R&D chez Sealock ?

« Elle est essentielle. La R&D représente 20% des ressources humaines et 10% de notre CA.
Le Crédit Impôt Recherche est pour nous un soutien important. La réforme du Crédit Impôt Recherche nous a permis d’augmenter significativement notre effort en R&D. »

Quels sont, selon vous, les objectifs et les enjeux de l’innovation pour Sealock ? Qu’est ce que l’innovation vous a apporté ?

« Les objectifs de l’innovation sont pour nous de développer de nouvelles formulations et d’utiliser de nouvelles matières premières. La pérennité de l’entreprise en dépend. L’innovation est un moyen de se différencier de la concurrence. Nous souhaitons, en effet, proposer des solutions, et non plus seulement des produits, à nos clients en prenant en compte leurs besoins. »

Quels sont les avantages de l’open innovation que vous percevez (notamment en matière de projet collaboratif) ?

« La complémentarité que peuvent apporter d’autres acteurs nous permet d’aborder des projets plus en rupture.
Mais le projet collaboratif nécessite un vrai pilotage afin d’en assurer l’efficacité, notamment en termes de délai. »

Quel est votre message pour les autres dirigeants de PMI en matière d’innovation ?

« Ne mettez pas de frein à l’innovation. L’innovation peut prendre plusieurs formes, elle peut toucher toutes les composantes de l’entreprise. Sachez saisir les opportunités quand elles se présentent. Oubliez le cliché du laboratoire et du savant fou.

Il ne faut pas avoir peur ni se dire « ce n’est pas pour moi » »

A bon entendeur.
Propos recueillis par Anthony Beaudier

Les chiffres alarmants de l’industrie en NPDC

Ayant participé très récemment au lancement de la semaine de l’industrie en région, j’ai pu à nouveau constater l’état alarmant des filières industrielles dans la région NPDC. Bien entendu, je ne l’ai pas découvert à cette occasion, travaillant avec les industriels depuis plusieurs années, mais les chiffres dévoilés sont particulièrement frappants.

Lien vers le livre blanc

Quelques exemples :

- perte de 27% de l’emploi dans l’industrie entre 2000 et 2010, soit 69 800 emplois ( !!!),
- l’emploi salarié ne représente plus que 19 % de l’emploi salarié total dans la région contre 23% en 2000,
- tous les secteurs sont concernés sauf l’énergie.

Il est bien entendu confirmé que l’industrie est le moteur de l’économie puisqu’on constate un lien clair entre le taux de croissance de l’industrie et le taux de croissance de l’économie.

Quelles sont les raisons de ce déclin ?

En premier la perte de compétitivité, prix et hors-prix. En effet, le coût horaire a continué d’augmenter et dépasse celui de l’Allemagne. Mais c’est bien sur la compétitivité hors-prix qu’il faut se pencher. Et j’ai pu constater lors de cette manifestation l’expression d’une très mauvaise habitude de la part des acteurs économiques en France : se tourner continuellement vers les pouvoirs publics pour résoudre leurs problèmes. Les leviers de croissance sont pourtant connus : l’export, la qualité, le service, le design, l’innovation et la R&D, la formation… L’Etat ou les collectivités ne mèneront pas ces actions à notre place. Certes, les conditions fiscales ou sociales ou encore la flexibilité du marché du travail peuvent être améliorées. Cependant, Il incombe aux équipes dirigeantes de lancer les projets qui permettront à leur entreprise de se développer. Nous devons nous prendre en main et agir…

L’équipe Global Vision

Le monde de la R&D en 2012

R&D Magazine a publié l’édition 2012 son étude annuelle sur le monde de la R&D.

Lien vers l’étude

Premier enseignement : les dépenses R&D au niveau mondial devraient croître de 5.2 % à 1 400 milliards de dollars.

La part de l’Asie continue de croitre, de 34,3 % en 2010 à 36,7 % en 2012 grâce notamment à la part de la Chine qui passe de 12 à 14,2 % sur la même période. Les dépenses de R&D en Chine ont progressé de 22 % par an entre 1996 et 2007. Elles seront de 198,9 milliards de dollars en 2012.  Dans le même temps, celles de l’UE à 27, des USA ou du Japon n’ont augmenté que de 6,5 %, 6 % et 5,5 % respectivement. A ce rythme, les dépenses de R&D de Chine devraient dépasser celles des USA en 2022.

Mais la Chine n’est pas le seul pays à voir ses dépenses augmenter rapidement, la Malaisie, la Thaïlande, Singapour, Taiwan, la Corée du sud mais aussi dans une moindre mesure l’Inde concourent également à ce phénomène.

Autre indicateur intéressant illustrant la mondialisation de l’économie, corolaire de la mondialisation de la R&D, la part des différentes régions dans le classement des 2500 plus grandes entreprises. La Chine est passée de 0 en 2005 à 250 en 2010 ! Les autres BRIC (Brésil, Inde, Russie) de 50 à 150. Les autres économies développées passent de 200 à 350, et les autres pays émergent de 100 à 250.  Du coté des baisses, l’Amérique du Nord (USA + Canada) voit sa part largement diminuer de 1050 à 750, l’Europe occidentale également de 750 à 600, la Japon de 350 à 150.

Du coté Européen, c’est plutôt la stagnation coté dépenses. La France devrait atteindre 51,1 milliards de dollars en 2012 contre 49,2 en 2011 avec ration R&D/PIB à 2,24 contre 2,21 %. L’Allemagne passe de 87,9 en 2011 à 90,6 en 2012 avec un ratio R&D/PIB de 2,87% contre 2,85%. La France reste la 6ème nation dans ce classement.

Beaucoup d’autres informations très intéressantes dans cette publication.

10 ans de créations d’entreprises innovantes

Oséo vient de publier une étude sur les créations d’entreprises innovantes entre 1998 et 2007.  Les angles d’étude concernent la nature des projets innovants, le modèle économique de démarrage, le profil des créateurs et la situation actuelle de ces entreprises. 5 500 créations d’entreprises innovantes ont été analysées.

Lien vers l’étude

Plusieurs enseignements sont à relever :

- le taux de survie à 5 ans de 85% est bien supérieur aux autres entreprises.

- 37% des projets concernent les logiciels ou le multimédia, 15 % le génie des procédés et 14% le traitement du signal

- le montant médian des projets est 115 k€ et leur durée moyenne est de 20 mois

- seul 10% des créations sont le fait d’une reprise et 25 % sont issus de l’essaimage.

- la domination géographique de l’île de France, de Rhône-Alpes et de la région PACA est nette.

- 86 % des CEI intègrent la fonction R&D et 67 % la fonction commercialisation. Seuls 46% intègrent la fonction fabrication.

- près des deux tiers des CEI ont établi un partenariat, avec une autre entreprise pour 74%, un centre de recherche pour 51% et un centre technique pour 16%.

- les soutiens publics sont OSEO à 90%, les collectivités locales à 50%, à 33% le statut JEI (en sachant qu’il date de 2004) et à 40% le CIR.

- le capital moyen des CEI est de 92 k€, supérieur à la moyenne. Le plan de financement médian pour les 3 premières années est de 490 k€

- 38% des porteurs de projet sont ingénieurs, 22 % docteurs et sont âgés de 41 ans en moyenne. Plus de 40% sont issus de la R&D

- les principales difficultés rencontrées lors de l’année de création sont commerciales, financières et RH. Par la suite, le manque de moyens financiers pour la commercialisation, le poids des charges et la difficulté à mobiliser les investisseurs sont les principaux obstacles.

- les principaux leviers de croissance sont une activité continue de RDI, la rencontre du marché et la cohésion de l’équipe initiale

- la quasi-totalité (95%) poursuit leur effort de RDI à fin 2010

- 50 % des ces entreprises ont aujourd’hui un niveau de développement important avec une ouverture du capital, une internationalisation, une RDI toujours plus intense avec beaucoup de partenariats.

En synthèse, les entreprises innovantes se portent en moyenne mieux que les autres…plutôt rassurant.

à bientôt,
AB