Les entreprises qui innovent et exportent s’en sortent mieux

Voilà des chiffres qui confirment les impressions du terrain. La dernière enquête de conjoncture de la BpiFrance confirme que les entreprises les plus innovantes et exportatrices sont aussi celles qui résistent le mieux à la conjoncture.

L’export et l’innovation constituent donc bien les 2 leviers de croissance principaux….

Pour télécharger l’enquête

Quelques indicateurs pertinents tirés de l’enquête :

Les entreprises fortement exportatrices estiment à 0,6% la hausse de leur CA en 2013 contre une baisse de 1,3% pour les entreprises non exportatrices. Les entreprises innovantes évaluent à 1% la hausse de leur CA contre une baisse de 1,3% pour les entreprises non innovantes.

Coté emploi, les entreprises innovantes sont plus nombreuses à créer des emplois (différentiel de +7) alors que les non innovantes sont plus nombreuses à réduire les effectifs (-7)

La performance financière est nettement meilleure pour les entreprises innovantes qui ne perdent que 3 points sur cet indicateur contre 9 pour les non innovantes.

Les PMI (industrie) qui exportent et innovent voient 2014 avec optimisme : l’indicateur prévisionnel d’activité pour 2014 est à +23 pour les entreprises innovantes contre 0 pour les non innovantes (!!!).

Il est clair que les entreprises notamment industrielles engagées dans des démarches innovantes et à l’export affichent des performances nettement supérieures sur l’année 2013 et des prévisions 2014 bien plus optimistes.

Il faut donc que les entreprises qui ne sont pas encore ou pas assez engagées planifient leur politique innovation et export…

L’équipe GV

La peur de l’inconnu dans l’industrie

Les deux leviers principaux de la croissance dans l’industrie sont l’innovation et l’export. C’est un fait indiscutable. Évidemment, ce ne sont pas les seuls. On pourrait citer la qualité, le design, le service…Mais l’innovation et l’export tiennent la corde. Il ne vous aura pas échappé que dans ces deux domaines, l’industrie française n’excelle pas. Bien entendu, il n’agit pas ici d’oublier les milliers d’entreprises industrielles françaises qui innovent et qui exportent mais comparativement à d’autres pays, la France est en retrait.

Quelques chiffres qui le prouvent :

Dans le dernier classement Global Innovation Index de Booz&Co, la France se classe simplement 20ème.

Selon l’INSEE, La part française des exportations mondiales est tombée à 3,1 % en 2012 (7,9 pour l’Allemagne).

Selon Roland Berger, la part de l’industrie dans la valeur ajoutée en France n’est que de 13 %, ce qui est tout simplement le dernier rang mondial (!!!).

Quel est le point commun entre l’innovation et l’export ?

C’est l’inconnu…En effet, dans les deux cas, il s’agit de s’aventurer hors de sa zone de confort. Hors de son pays, de sa culture, de sa langue maternelle, de ses lois…dans le cas de l’export ; hors de ses technologies, de ses marchés…dans le cas de l’innovation.

Bien sûr, on parlera ici de l’innovation de rupture qui implique un changement de technologie et/ou d’usage. Cette innovation là est la plus payante mais aussi la plus difficile à appréhender. L’innovation incrémentale, à savoir l’amélioration de l’existant, ne présente pas d’inconnues, ou beaucoup moins, et est donc mieux maitrisée par les entreprises.

La peur de l’inconnu serait-elle plus grande en France qu’ailleurs ? La faute à un Etat surprotecteur et omniprésent ? Nous n’irons pas plus loin dans la recherche d’explications…

Avoir peur de l’inconnu est chose normale, imprimée dans notre cerveau reptilien. En être convaincu, c’est déjà aller dans le bon sens. Ensuite, une démarche structurée de prise d’information permet de se familiariser avec ce monde jusqu’à lors inconnu.

Sachez pour finir que les études démontrent (cf. l’étude Oséo-Ubifrance) que les entreprises les plus innovantes sont aussi les plus exportatrices. En effet, comment espérer conquérir un marché émergent en se battant sur les prix ? CQFD…

L’équipe GV

Le management de l’innovation, ça paye !

Une étude publiée il y a peu par un célèbre cabinet conseil en management, confirme qu’une meilleure maitrise en matière de management de l’innovation engendre de meilleurs résultats économiques.

Pour télécharger l’étude

Les principaux enseignements de cette étude :

25 % des entreprises les plus performantes en matière de management de l’innovation génèrent 13 % de résultat net de plus sur les nouveaux produits que le reste de l’échantillon ainsi qu’une baisse du délai de point mort de 30%.

Depuis 2010, les performances en innovation ont baissé de 25% mais la satisfaction vis-à-vis de ces performances ont augmenté de 17% ce qui peut s’expliquer par un contexte économique plus difficile qui oblige les entreprises à davantage se focaliser sur le court terme.

Les performances en innovation sont corrélées à la capacité de mesure et de contrôle.

Certaines pratiques ont un impact clair sur les performances en innovation :

- une bonne vision technologique
- utiliser des sources extérieures en intelligence économique
- suivre les changements par une revue fréquente du portefeuille produits
- mobiliser l’ensemble de l’organisation pour la génération d’idées

A noter la présence de la vision technologique, et comme le précise l’étude, avec une approche fonctionnelle et non technique telle que la prône Global Vision.

A noter également que certains nouveaux outils comme le crowdsourcing sont peu utilisés et peu associés à l’efficacité.

Bref, pour innover il vous faut un bon contrôle, une bonne vision technologique, de l’intelligence économique et du participatif…

L’équipe GV

L’Open Innovation en 2012

Un opérateur en Open Innovation américain a mené une étude il y a peu afin de mieux cerner la politique des grandes entreprises en matière d’open innovation.

229 responsables de grandes entreprises ont été interviewés aux USA, en Allemagne et en Grande Bretagne. Voici les résultats notables de l’étude :

- 61% des répondants déclarent que leur programme d’open innovation est en expansion,  17 % pour qui leur programme est à maturité et 19% à un stade expérimental. Notons que 97% de ces grandes entreprises déclarent avoir un programme d’open innovation.

- 77% déclarent que l’open innovation est un facteur clé de succès à long terme

- les raisons qui poussent à utiliser l’open innovation sont variées, la possibilité de résoudre des problèmes ne pouvant être résolus en interne arrive en tête, suivie de prêt par la capacité à mobiliser les ressources en interne (degré 1 de l’open innovation). Accéder aux talents en interne et en externe et accélérer le time-to-market sont également des raisons citées.

-  Les pratiques sont assez bien réparties entre communauté, crowdsourcing ou projets collaboratifs.

- La démarche est supportée en priorité par la direction générale suivie par la R&D. Un service innovation dédié est également cité.

- La mesure de l’efficacité est une priorité même si elle ne fait pas encore l’objet d’une vraie rigueur. Le déploiement rapide des produits issus de l’open innovation, l’utilisation des ressources extérieures et le retour sur investissement sont les 3 indicateurs les plus utilisés.

Au travers de ces résultats, on constate que l’open innovation est entrée, pour ces grandes entreprises, dans une phase de banalisation. La phase d’expérimentation s’est avérée concluante et l’heure est au déploiement et à l’optimisation. Il est donc primordial aujourd’hui de proposer des méthodes et outils permettant  une plus grande efficacité.

L’équipe Global Vision

L’impact réel de l’Open Innovation sur la R&D

L’université catholique de Louvain a publié, il a y peu, une étude sur l’impact réel de l’open innovation sur l’efficacité de la R&D.

Lien vers l’étude

Les trois chercheurs ont étudié l’influence de l’open innovation de type « outside-in », distinguant « market partnerships » (clients et fournisseurs) et « science partnerships » (université et institut de recherche). Les variables dépendantes sont la performance technique, la vitesse d’innovation et les performances financières.

Les données ont été recueillies auprès d’une grande entreprise industrielle européenne dépensant plus de 2 milliards d’euros en R&D. Ces données sont issues d’une base de 558 projets R&D s’étalant de 2002 à 2009. Il s’agit de la première étude axée sur les efforts de R&D ce qui la rend plus pertinente.

Des modèles de régression ont été appliqués et les résultats montrent que l’open innovation a un impact positif à la fois sur la performance technique, la vitesse d’innovation et les performances financières. Mais les résultats varient en fonction du type de partenaires : les partenaires de type clients et fournisseurs ont un impact positif sur la vitesse d’innovation alors que les partenaires de type scientifique ont un impact positif sur les performances financières.

A cette étude académique, je me dois d’ajouter les résultats de la démarche d’open innovation menée par Hydro Québec depuis 2008 : réduction des coûts de projets de 20 à 25%, réduction de la durée des projets de 15 à 20%, plus d’idées, plus de valeur créée et des produits mieux adaptées au marché.

Initiées depuis quelques années par plusieurs grandes entreprises, les démarches d’open innovation livrent leurs premiers résultats concrets et ils sont positifs…c’est plus qu’encourageant.

L’équipe Global Vision

 

L’innovation française en échec ?

Une étude récente publiée par Terra Nova mène une analyse critique du système français d’innovation, notamment en comparaison avec le système américain.  Nous en avons retenu quelques points :

Téléchargement de l’étude

Les données macro-économiques sont souvent insuffisantes pour comprendre les lacunes de l’innovation françaises ; certains indicateurs micro-économiques sont bien plus parlant :

- La France ne produit plus de grandes entreprises innovantes depuis 40 ans contrairement aux Etats-Unis. Sur cette période, 3 entreprises allemandes, 4 entreprises françaises et 82 entreprises américaines ont dépassé les 100 millions de dollars d’investissement annuel en R&D.
- Plus les entreprises sont récentes, plus les efforts des R&D sont importants.
- Les secteurs des TIC et des biotechs sont les plus gros contributeurs en R&D.

Concernant la recherche et l’enseignement supérieur français, le constat parait préoccupant : manque de réputation internationale, moindre intensité de recherche, une faible interdisciplinarité, des moyens financiers 2,5 fois inférieurs à ceux des universités américaines, un essaimage insuffisant.

L’étude aborde également la notion de système local innovant ou cluster innovant. La nécessité de la concentration des moyens industriels, de recherche, de formation et de financement pour favoriser l’émergence de projets est effectivement indispensable. Cependant l’approche mêlant saupoudrage et aménagement du territoire à la française ne semble pas porter ses fruits.

Un certain nombre de recommandations sont ensuite proposées notamment sur une politique stable et de long terme et une vision plus concentratrice.

A lire.

L’équipe Global Vision.

Le choix des entreprises britanniques en open innovation

Une étude publiée par le UK- Innovation Research Center aborde les pratiques des entreprises britanniques en matière d’open innovation.

Lien vers l’étude

Les auteurs établissent une typologie des entreprises en fonction du nombre et de la profondeur des sources d’information utilisées, de la formalisation des collaborations et du nombre de partenaires.

Trois groupes se distinguent : les « traditionnels » pratiquant peu l’open innovation, les « chasseurs-cultivateurs » pratiquant l’open innovation de façon relativement intensive et les « ambidextres »  pratiquant l’open innovation à la fois en inbound (entrant) et outbound (sortant).

Les principaux enseignements sont :

1) L’open innovation est corrélée positivement avec la performance économique. Les entreprises pratiquant davantage l’open innovation présentent des taux de croissance plus importants sur ces dernières années.

2) Les objectifs principaux de l’inbound sont :
- l’amélioration de sa réputation
- l’accroissement de sa capacité d’innover
- l’accès à des ressources techniques spécialisées
- la diversification

Devant les motivations traditionnellement citées comme la réduction du « time to market », des coûts et du risque.

3) Les sources d’information en inbound les plus utilisées sont :
- le client
- associations et presse professionnelles
- manifestation professionnelle
- fournisseurs

4) Les collaborations informelles en inbound sont dominées par les relations avec les utilisateurs pilotes (lead users ou early adpoters) loin devant la mutualisation des ressources et la participation à des clusters.

5) Les collaborations formelles en inbound sont dominées par les actions de marketing conjointes, les joints venture, acquisition et spin-off et la R&D conjointe. Les partenaires privilégiés sont les clients ou utilisateurs et les fournisseurs.

6) Le manque de ressources temporelles et financières sont les principaux freins à l’open innovation coté inbound. A noter également, l’incapacité à absorber les bénéfices potentiels.

7) Les principaux objectifs de l’outbound sont l’amélioration de la réputation de l’entreprise et la possibilité de vendre des produits additionnels.

’8) La méthode de protection la plus utilisée est l’accord de confidentialité devant le secret.

Je vous invite à consulter cette étude très complète.

Anthony Beaudier